lundi 2 juin 2008

Le groupe PBP-3 au Brésil

DU PARAGUAY AU BRÉSIL

Aujourd’hui, 16 avril 2008 demeurera un jour mémorable pour moi…
Nos projets d’aide humanitaire se terminent et nous voilà en vacances !
Quel beau cadeau ! Quelle belle finale !

Notre passage du Paraguay au Brésil se fait tout doucement en autobus. Un temps pour rêver…A la lueur du petit matin, voyageant à travers la campagne verdoyante du Paraguay, une image me reste imprégnée : celle des dames paraguayennes qui, à cinq heures trente du matin étaient là, à la grande maison, pour nous dire « Aurevoir » et non « Adieu ». Quelle chaleur humaine !


Puis, cette route toute droite nous mène au grand barrage d’ITAIPU. Un arrêt s’impose devant le plus grand barrage au monde et qui restera le plus puissant même si la construction actuelle de celui de la Chine le surpassera en grandeur. Il est classé comme l’une des « 7 Merveilles du Monde Moderne ». Pour moi, c’est aussi une œuvre grandiose parce que c’est le fruit d’une collaboration bi-nationale entre le Paraguay et le Brésil sur le fleuve-frontière Parana.

Après un dîner copieux au restaurant où l’on nous sert sur une épée la viande et l’ananas grillés, nous passons de la Ciudad Del Este, Paraguay, à la ville de Foz Iguazu, Brésil, par le pont Amistad qui surplombe le Parana.















En fin d’après-midi, une randonnée enchanteresse nous attend : pendant une heure trente, nous marchons sur un sentier aménagé dans la forêt, au sommet du canyon des chutes Iguazu avec vue panoramique des chutes du côté argentin. Un vrai amphithéâtre de 3 kilomètres de chutes étagées dont les eaux qui tombent dans le gouffre font un bruit assourdissant, des brumes à ne plus rien voir, et bien sûr des gouttelettes qui nous trempent en un rien de temps si l’on veut les voir de très, très près. Du côté brésilien, la Gorge du Diable est à couper le souffle !





Le lendemain, nous traversons en Argentine, à Puerto Iguazu. Le Parc National Iguazu avec ses aménagements respectueux de la nature nous permet de vivre une journée extraordinaire malgré la pluie intermittente.
















Tous les sentiers empruntés dans la forêt tropicale, les 20 minutes en zodiaque sur la rivière Iguazu (14 km dans le canyon), la douche aux chutes des Trois Mousquetaires et à celle de la chute d’Adam, la promenade en train, les deux kilomètres sur la passerelle au-dessus de la rivière, l’observation de toucans, tout nous fait apprécier des beautés naturelles incomparables.

Nous terminons notre journée avec une courte visite aux trois obélisques, site d’observation des trois frontières : Argentine, Brésil, Paraguay. Puis au restaurant-grill El Quincho nous attendent un bon steak argentin, de la musique, de la danse. Tout y est pour bien terminer cette journée passée en Argentine.

Vendredi 18 avril, nous atterrissons à Rio de Janeiro…

Rose-Alice est à l’aéroport pour nous accueillir. Nous découvrons cette petite femme d’origine brésilienne parlant un excellent français, à l’œil vif, au regard espiègle et au sourire charmant. C’est en confiance que nous commençons l’exploration de cette magnifique ville : Rio de Janeiro !


RIO DE JANEIRO

D’abord, la montée vers le centre missionnaire des sœurs de l’Assomption, « CENAM », à 200 mètres d’altitude, en pleine ville de Rio, là où nous logerons : Incroyable ! cette vue imprenable sur la ville. En montant sur le toit, c’est un panorama de 360 degrés que nous avons.
































Nous admirons le Corcovado, le Pain de sucre, l’océan Atlantique, toutes les favelas,…et les jours suivants les levers et couchers de soleil.


Samedi soir, Oscar nous rejoint après un périple de 24 heures en bus (Iguazu-Rio). Grands mercis à Roger, à Rose-Alice, à Oscar qui nous organisent les visites guidées à travers la ville.

Roger, ton chant au Corcovado « Les mains ouvertes devant toi Seigneur » et la messe à la favela, en portugais, nous ont vraiment émus.





Rose-Alice, grâce à toi, nous avons pu entrer en contact avec ce monde fermé des favelas.
Je crois que je peux parler au nom de mon groupe en disant qu’à la Favela dos Prajeres (des plaisirs) nous y avons trouvé un village organisé, impressionnant malgré la pauvreté visualisée.





La promenade en voilier dans la baie de Rio nous a permis d’admirer la ville « d’en bas » à partir de la mer. Ce fut un dimanche après-midi tout en douceur puisque nous avions retrouvé notre brebis perdue, et ce grâce encore une fois à Roger.




Rio c’est une ville de contrastes : la mer et la terre, les gratte-ciel et les collines de favelas, la pauvreté et la richesse, la nature et le béton et le tout en harmonie.
















Dimanche soir, dernière soirée pour le groupe… André anime une « despedida » en l’honneur de Roger. Plusieurs coups de cœur spontanés lui sont exprimés : chants, mots de reconnaissance, humour, émotion, tout y est !

Et c’est sur la plage de Copacabana que notre séjour se terminera en ce lundi 21 avril 2008…
Plage de sable doux et presque blanc… Chant de la mer qui résonne encore dans ma mémoire et que je veux entendre encore longtemps, longtemps…

Merci à mon groupe des « 41 PBP-3 » pour tous les beaux moments partagés au travail, à la maison et lors des visites culturelles.



Gaétane Lemay,
Au nom de mon groupe PBP-3


COUPS DE CŒUR DE QUELQUES PARTICIPANTS DE PBP-3 EN CETTE FIN DE VOYAGE


-« Rio de Janeiro, Iguazu, le Brésil c’est un feu d’artifice pour la finale ! »

-« Du centre CENAM, c’est une vue à vol d’oiseau ! »

-« J’ai apprécié le fait de souligner chaque départ avec un souper-spaghetti ! »

-« Magnifique Iguazu ! La Gorge du Diable, diablement beau ! »

-« Les chutes Iguazu brésiliennes, de la dentelle à travers laquelle apparaît de la verdure qui résiste à la force de l’eau. C’est miraculeux ! »

-« Rio et la Gorge du Diable, deux beautés de la nature ! »

-« Si les Chutes sont une merveille naturelle, Rose-Alice l’est aussi ! »

-« J’ai aimé le côté moderne de la cathédrale San Sebastian, la statue de Saint François d’Assise et le chapelet. »

-« Mon coup de cœur, c’est la vue panoramique de la ville de Rio. »

-« Moi, c’est la messe à l’église de la favela quand les gens chantaient. J’ai ressenti une telle ferveur et foi. »

-« C’est le contexte naturel de la ville de Rio. Autant de richesses naturelles : les arbres, les montagnes, la mer. La ville se confond avec la nature. »

-«RIO »
-« Mon coup de coeur, c'est la somme des expériences vécues et la chaleur des gens rencontrés. C'est notre modeste contribution à leur mieux-être. Ce sont: les 9 vols d'avion, les 4 pays visités et leur population attachante, les 3 capitales, les 5 monnaies utilisées sans avoir à nous présenter à aucun comptoir bancaire, les 3 orphelinats visités, les merveilles du Patrimoine mondial, tous les projets d'aide humanitaire que nous avons découverts et auxquels nous pourrions nous joindre et les 41 personnes avec qui nous avons partagé toutes ces expériences.»

-« C’est le groupe. Nous sommes venus en amis, nous repartons en frères et sœurs. »

-« Roger ! Homme de passion, de compétition et d’action ! Après l’évènement de cet après-midi, la brebis perdue qu’il s’est empressé de retrouver, je repars plus confiante en la vie. Merci ! »


COUPS DE CŒUR POUR ROGER

-« Dès le premier groupe, j’ai été surpris de la vitalité que Roger a. Il traite chaque problème en gardant le contrôle. »
-« Comme St-Exupéry, je suis heureuse de faire la connaissance d’autres gens de notre petite planète. Je suis heureuse de pouvoir accueillir un groupe à Noël prochain et les enfants en sont aussi très heureux. »
-« Extraordinaire de concocter tout ça ! Tu es avec nous sans être là. Même la brebis en arrière, tu sais la retrouver. Tu es centré sur le résultat du projet et en même temps préoccupé par le bien-être de tous et le plaisir. »
-« Je souhaiterais que tous les prêtres de l’église catholique soient comme toi ! »
-« Tu es la bougie de la flamme du Guatemala ! »
-« Il y a deux façons de voir la vie :1) avec la tête 2) avec le cœur
Cet après-midi tu nous as montré comment tu la vois la vie, avec notre brebis manquante. »
-« Tu es un modèle de générosité. Je fais un témoignage de reconnaissance à Roger et merci à mon groupe pour l’empathie à mon égard. »
-« Merci pour le projet. Merci de la part des démunis. Merci pour le ressourcement que tu permets au groupe de vivre. »
-« À travers l’aide humanitaire nous recevons beaucoup. Je t’aime. »
-« Extraordinaire, le contact avec la population .Tu es la porte qui ouvre les cœurs. »
-« Merci de m’avoir accepté dans le groupe. »
-« Ta façon d’être déteint sur nous. »
-« Merci d’être notre père qui nous tient la main et nous guide. »
-« Faire un voyage avec le Bon Dieu…Qu’il est difficile de te ressembler comme dit la chanson ! »
-« Malgré notre différence de religion et malgré tes défauts…, je t’admire pareil.»
-« Même si je ne suis pas croyant, je t’admire comme homme, comme humain. »
-« Tes chants m’ont fait faire un retour à mon enfance et les gens rencontrés, c’est une vraie chance. »
-« J’admire ce que tu es : un dimanche, tu célèbres la messe dans une cathédrale et la semaine suivante, c’est dans une favela. »
-« Les dons que Dieu t’a donnés, tu les as multipliés plusieurs fois. Nous ne retournons peut-être pas meilleurs mais différents. »


Roger,

Je me fais le porte-parole de CASIRA pour te rendre hommage. Si nous sommes ici , à la toute fin d’un voyage extraordinaire, rempli d’émerveillements, c’est qu’il y a trente ans, deux prêtres de la région de l’amiante, Roger et Germain, ont mis leurs efforts en commun pour venir en aide aux plus démunis dans le Tiers-Monde. Deux hommes généreux, curés dans des paroisses différentes et aussi professeurs au CEGEP. Ils fondent « AMISTAD-BRIGADE-PRINTEMPS ». Avec quelques bénévoles du CEGEP, ils ont bâti des projets, en ont organisé la mise en marche et surtout vu à leur réalisation. Depuis ce temps, un nombre impressionnant de projets ont été réalisés dans différents pays et ce, grâce à toi Roger.

On dit que le Seigneur aime les pauvres, les enfants, les malades, les gens démunis… J’y crois parce que j’ai la foi .Toi aussi tu aimes les pauvres, les enfants, les malades, les démunis. Par contre, je n’ai pas besoin de la foi pour le constater lorsque tu es en présence de tout ce monde. À leur rencontre, ton comportement change; ça se voit dans ton visage, tes yeux changent. Tu les prends dans tes bras, les serres fort, les embrasse et leur donnes ta bénédiction. Immédiatement, nous constatons un changement dans leur regard. Tu es un vrai père pour eux.

Au Paraguay, j’ai été très touché lorsqu’on m’a remis un certificat de gratitude pour CASIRA. Sois assuré qu’il va orner un mur dans le bureau de CASIRA.

Roger, à travers ce que nous avons vécu depuis deux mois dans les trois pays visités et où nous avons travaillé, j’ai ressenti une grande chaleur humaine et un dévouement sans borne auprès de chacun de nous. Je suis convaincu que les autres groupes ont eu le même traitement que nous…même si notre groupe a été le meilleur !...

Encore une fois Roger, mille MERCIS de nous tous, PBP-1-2-3 !!!

Longue vie à TOI et à CASIRA !

J’espère qu’on se reverra tous au mois d’août pour le « 30e anniversaire ».

Carol Bellavance
Au nom de CASIRA

lundi 19 mai 2008

Le groupe PBP-3 au Paraguay

Du 2 au 16 avril 2008


Quelle belle surprise que ce Paraguay!! Moi qui aime les desserts, je « nous » considère bien servis par la dernière étape de notre expérience de solidarité en Amérique latine. Je viens de relire, dans ce blogue, les commentaires des gens qui nous ont précédés et je fais miens avec enthousiasme les témoignages et les descriptions rapportés. Le plan d’organisation et des visites étant le même, j’essaierai donc de ne pas les répéter.




En effet, nous aussi on a eu droit à l’accueil chantant à l’aéroport où même la télévision locale s’est pointée et à celui si cordial et chaleureux à Itacurubi de la Cordillera.






On a également goûté aux prestations musicales des petits groupes de trois à cinq musiciens-chanteurs qui se présentaient, comme ça, après le souper et au concert (1 h 30) à Isla Pucu donné par 40 jeunes harpistes et guitaristes.

















Il faut aussi mentionner les cérémonies de bienvenue des élèves des cinq écoles où on a oeuvré et les despedidas (fêtes de départ) à la fin des travaux, la sérénade de nuit, et enfin la grande despedida de la fin du séjour au village avec orchestre, danse et repas.

















Itacurubi compte, dans sa partie urbaine, quelque 4,000 habitants. Cette petite communauté rurale bien sympathique et accueillante nous a semblé tissée bien serrée. En fait, avec tous ces « buenos dias » qu’ils nous lançaient, on avait l’impression que tous les gens du village nous accueillaient personnellement. Autres indices parlants, le cordonnier qui ne voulait pas se faire payer pour une réparation et le quincaillier qui fit de même pour le matériel nécessaire à la réparation d’une de mes valises. Et ajoutons le fait que les familles qui nous hébergeaient n’acceptaient pas d’être payées et plusieurs offraient même des cadeaux au départ.

Autres points notables, les lieux généralement bien entretenus, la belle verdure, les arbres fruitiers (oranges, pamplemousses, citrons, bananes) sur presque toutes les propriétés. On cache bien sa pauvreté ainsi. On n’est pas toujours pressé au Paraguay. Par chance, lorsque l’on voit ces charrettes tirées par deux gros bœufs et l’antique autobus Mercedes au plancher de bois et ses cinq trompettes rouges à l’avant qui nous transportait aux chantiers et à certaines activités. Il faut bien dire que, par moment, on avait l’impression de revenir 50 ans en arrière. Et même impression qu’au Pérou et en Bolivie, le matériel et les outils en vente sont de bas de gamme, comme si les pays riches y déversaient toute leur « scrap »…


































Comme pour les autres groupes avant nous, notre travail a consisté en des travaux de rénovation dans 5 écoles de rang, dont le remplacement complet d’une toiture en tuiles (Minas Cué), la poursuite de la construction d’un centre de formation de futurs enseignants (Instituto Docente), la construction d’une salle d’ordinateurs (Escuela Santa Lucia), la réfection d’une classe (Escuela Juan Andrés Aguilera).






































Je peux toutefois m’exprimer davantage sur le 5e chantier où j’étais affecté : une petite école dans la grande campagne (Loma Medina). Deux classes pour 26 élèves dont deux petits groupes viennent le matin et deux l’après-midi et ce, souvent en présence de poules qui aiment bien y circuler. Pas d’eau courante, les bécosses au fond de la cour, une entrée électrique de 30 ampères, un puits dans la cour comme pour toutes les résidences du coin et, quand le puits est vide (souvent), les jeunes partent, avec la brouette, chercher de l’eau chez le voisin peut-être plus chanceux.
L’automne prochain, un groupe de Japonais doit venir creuser un puits artésien dans le rang, construire un gros réservoir et amener l’eau devant chacune des propriétés. C’est en prévision de ce grand pas vers la « modernité » qu’on nous a demandé d’effectuer les travaux suivants: amener une conduite d’entrée d’eau au bord du chemin et une conduite d’évacuation au fond du terrain (30 mètres) où une fosse septique de 3 mètres a été creusée par trois jeunes de la région. Pendant que deux Paraguayens construisaient une petite annexe à l’école pour y loger deux salles d’eau, on a installé la tuyauterie pour deux toilettes, un urinoir, deux douches et deux lavabos. En prime, nous avons aussi prolongé la conduite d’eau et posé un évier dans la petite cuisinette située à l’autre bout du bâtiment, peint l’extérieur de l’école et changé l’entrée électrique la portant à 60 ampères afin de permettre l’installation de pommeaux de douche chauffants et la connexion d’ordinateurs dont on espère se doter éventuellement.






















Une anecdote : comme le poteau électrique situé dans la rue était plutôt branlant et ne pouvait supporter l’appui d’une échelle, notre électricien a simplement grimpé sur le toit de l’autobus pour faire ses connexions.
On peut penser qu’à l’automne prochain, d’autres gens de Casira auront à terminer les raccordements si les Japonais tiennent parole. À compter de ce moment, nos amis paraguayens de ce petit rang pourront dire : « On a eu l’eau courante au cours de l’année 2008 !!! »

Nous gardons un vibrant souvenir de notre séjour au Paraguay; la nature était belle, le travail valorisant et la température d’un automne chaud était à la hauteur de la chaleur de l’accueil reçu.





















Jean-Yves Brochu
25 avril 2008





Une petite devinette pour observateur averti







Quel est ce beau jeune homme dont la photo a été captée au cours de ce voyage?




Vous trouverez la réponse en consultant les commentaires à la fin de ce texte.



lundi 14 avril 2008

Le groupe PBP-3 en Bolivie

Sur le chemin de la découverte










Au moment de traverser du Pérou à la Bolivie, bien peu d’entre nous auraient pu discourir de ce pays, de ses habitants, de sa vie économique ou politique. Nous voici donc tout à fait prêts pour l’exploration et la découverte.























La plus marquante et la plus importante expérience est sans doute notre rencontre et notre travail avec les orphelins de Vallegrande. Ils sont 104, âgés de 4 à 18 ans à fréquenter les écoles de la ville, à faire de la peinture et de l’artisanat, à participer à l’entretien de l’orphelinat et aux travaux de leur ferme. Ils ont eu tôt fait de susciter notre affection avec leurs yeux accrocheurs et leur sourire engageant qui masquent un peu leur histoire personnelle de perte, d’abandon, de maltraitance et d’abus dans certains cas. En contre-partie, il apparaît d’emblée que leur vie à l’orphelinat se déroule dans une atmosphère de respect, d’attention, d’amour et de soutien pour leur développement optimal.






















Yvon Sabourin,[1] montréalais qui se consacre à ces enfants depuis 13 ans, oriente les travaux de notre expérience de solidarité.






L’équipe des plombiers et électriciens assure l’alimentation adéquate de la cuisine et de la salle à manger déjà en construction en plus d’aménager une salle de lavage fonctionnelle. Une autre équipe entreprend de redonner une aire de jeux aux enfants: nettoyage et nivelage du terrain, transport et épandage de sable, transport et mise en place de pierres, créant ainsi une base solide avant d’épandre éventuellement le ciment. Une oeuvre collective d’environ 1500 pi.car. qui s’est réalisée en 8 jours avec la contribution enthousiaste et importante des enfants.


















































Une troisième équipe s’est dédiée aux travaux de la ferme de l’orphelinat : sarclage, récolte et plantation de 20,000 nouveaux plants de fraises, collecte et triage des 1500 oeufs chaque jour, création d’un enclos pour les poules et plus encore. Encore une fois, les expériences professionnelles ont été utiles mais surtout les origines campagnardes de plusieurs d’entre nous ont refait surface et ont été mises à profit avec enthousiasme.






































Notre modeste contribution au mieux-être des enfants ne pourra tout changer de leur situation. En plus de leur condition d’orphelins, 65 % d’entre eux souffrent de la maladie de Chagas. Le parasite “vinchuca” qui transmet la maladie, se développe et vit dans les maisons en adobe et les toits de chaume qui existent encore dans les milieux plus pauvres. Le cerveau, le foie, les intestins et le coeur peuvent être atteints et l’espérance de vie n’est que de 30 ans à moins que la médication spécifique ne soit administrée à temps pour arrêter l’évolution de la maladie. Cette médication étant très chère, les conditions économiques des familles ne le permettent que très rarement. Par contre, les enfants de l’orphelinat bénéficient d’un suivi médical rigoureux.

Beaucoup d’enfants en Bolivie vivent dans la pauvreté. A Vallegrande, pour exemple, une ville de commerçants où transitent les bovins destinés aux abattoirs, il persiste des taux de chômage très élevés et partant, des conditions de vie très diffíciles. L’exploitation du gaz naturel, richesse de ce pays, accorde toutefois des espoirs. La ville El Alto, voisine de La Paz, connaît une croissance démographique de 10% par an et la moyenne d’âge n’est que de 26 ans. Des efforts remarquables sont faits pour concevoir et mettre en place les infrastructures et les services nécessaires. Ainsi, avec Caroline Marcel, montréalaise coopérante de CUSO, nous avons rencontré les représentants et la fondatrice (également conseillère municipale) de l’”Asociación Artesanal Boliviana Asarbolsem”. Nous avons pu apprécier la qualité du travail et la détermination de ces 325/350 artisanes à améliorer leur condition économique. Leur devise est d’ailleurs “Con Economia Solidaria y Comercio Justo ¡OTRO MUNDO ES POSIBLE!




La géographie de la Bolivie offre de belles découvertes avec ses paysages remarquables. Voyager dans l’Altiplano, cette plaine fertile à près de 4000 mètres d’altitude, entre la Cordillère royale et la Cordillère occidentale fait voir des contrastes qui coupent le souffle au sens propre et au sens figuré! Quand, en plus, les pluies diluviennes ont emporté le pont, l’autobus fait un détour et traverse un bras de rivière à gué! Ou encore, sur la route entre Santa Cruz et Vallegrande (220 km), nous fermons les yeux quand le précipice devient trop proche ou que le pont semble trop précaire.























Prêts pour une autre découverte ? “Ouvrez les yeux” nous disent la guide et padre Roger.




La Paz!!!!
Dans sa cuvette (de 4000m à 3200m ), entourée d’une centaine de sommets enneigés de plus de 5000 mètres !!!! Une vision unique et inoubliable! Près de 2 millions de personnes s’y entassent, les pauvres dans les hauteurs, les plus riches en bas. Les commerces de tous genres envahissent littéralement les trottoirs et les rues dès 7h00 jusque tard le soir et les minibús “collectivos”
serpentent en tous sens. Dans le canyon et les cheminées de fées de la Vallée de la Lune nous réalisons une expéditiondans un décor inusité et vraiment bien nommé. La soirée avec les musiciens et les danseurs de folklore a scellé notre enchantement de découvrir cette capitale,
la plus haute du monde!

























































Les guides touristiques ne parlent pas de Vallegrande autrement qu’en référence à la Ruta de Ernesto “Che” Guevara. En effet, ce révolutionnaire adulé, vénéré, méprisé ou condamné a terminé son combat dans cette région. A La Higuera, des témoins nous racontent la capture et l’assassinat (octobre 1967) de personnage controversé et le transport du corps à la lavanderia de l’hôpital de Vallegrande. Là, on visite le mausolée où le “Che” (mot équivalent à “mon pot”) a été enterré jusqu’en 1997 alors que ses restes ont été amenés à Cuba. Des pages d’histoire qui prennent place dans la réalité tout en conservant une part de mystère pour les plus de quarante ans que nous sommes ….






















Nos contacts avec les adultes ont été minimes et ne nous ont pas permis d’apprivoiser leur réserve ou leur timidité. Toutefois, d’une région à l’autre, nous avons observé ces Boliviens aux traits physiques très différents et aux costumes et chapeaux variés selon que leur origine soit quechua, aymara, guarani, espagnole ou même allemande! L’effort d’intégration de ces différentes cultures est manifeste sur les panneaux publicitaires entre La Paz et El Alto quand on y lit la traduction en quechua ou en guarani des mots frère, soeur, ami, bonjour, merci. Selon les Québécois qui vivent ici, le nationalisme serait en effervescence depuis que le président Morales, d’origine amérindienne, soumet un projet de nouvelle Constitution qui accorderait aux autochtones une plus grande reconnaissance de leurs droits. Il ne fait pas de doute que nous suivrons avec grand intérêt l’évolution de leur démarche , partageant leur espoir d’une vie meilleure.


Notre vie communautaire a été fort agréable à Vallegrande étant tous regroupés au pavillon paroissial accordant tout l’espace nécessaire à la détente et aux loisirs. Nous avons bénéficié de la bonne cuisine “à la québécoise” de Lise et Lise, de Monique et Monique, de Madeleine, de Pierrette, de Ghislain, de Bruno, de Cecilia, de Clara et des autres.



















































Et les découvertes vont se poursuivre au Paraguay .. sur les traces de “Paí Rogelio” [2]comme ils disent là-bas.

Par Colombe Boisvert
2 avril 2008


1)Yvon Sabourin, président directeur général de Enfants de Bolivie

Tél.: 450-7630849. yvonsabourin@yahoo.ca


[2] En langue guarani, nom affectueux donné aux prêtres et qui signifie “petit Dieu”

mercredi 9 avril 2008

Le groupe PBP-3 au Pérou

Ensemble pour vivre une expérience d'amour et de solidarité



21 février 2008

41 "voluntarios" de Casira quelque peu dépaysés dans une ville très moderne.
Ils se trouvent bien dans l'hémisphère sud : l'eau du robinet s'écoule dans le sens contraire des aiguilles d'une montre et le soleil voyage d'est en ouest en passant par le nord !!!
Padre Fortin, sommes-nous bien au Pérou????



Nous circulons dans le désert, nous traversons des oasis et des vignobles, nous observons des pélicans, des otaries, des manchots et de nombreuses colonies de lions de mer. Nous sommes plongés dans le mystère quand nous survolons les lignes de Nazca. Puis, en l'espace de quelques heures, nous voyons des "surfeurs" endiablés sur le Pacifique et des lamas qui broutent dans la neige !!!

































Bientôt, nous émergeons de l'étonnement et reconnaissons que nous sommes bien au Pérou : les personnes à la peau foncée, les maisons en adobe (terre mélangée de paille) ou en nattes de paille, les dégats du tremblement de terre d'août 2007 et l'entreprise courageuse de nettoyage et de reconstruction de ces sinistrés. Un indice déjà du caractère déterminé de ces Péruviens que nous découvrons.

Dès lors, nous nous engageons sur la route qui nous mènera, en 9-10 heures, à Ayacucho pour une première expérience de solidarité en Amérique latine. Plutôt désertique au début, la route gagne graduellement en altitude jusqu'à 4700 mètres. Elle s'insinue dans la Cordillère des Andes dévoilant une face nouvelle à chaque virage (ils sont serrés et rapprochés!!!) et imposant ses escarpements rocheux avec force! La traversée de ces montagnes provoque des réactions diverses, parfois oppressantes et fort incommodantes, toujours admiratives cependant devant cette immensité.






































Une question nous hante : y a-t-il des gens qui vivent au bout de cette route, dans cet
environnement qui nous apparaît si rude, quasi hostile à la vie avec ses pics enneigés et ses parois abruptes?









Graduellement, la végétation s'enrichit permettant même la culture en terrasses et l'élevage de vaches, chèvres, moutons et surtout du lama et de l'alpaca.





Ayacucho (150000 hab.) s'étale enfin devant nous dans une vallée verdoyante. Une ville pas vraiment touristique mais dont les habitants manifestent beaucoup d'intérêt pour les "blancs visiteurs" que nous sommes. L'accueil chaleureux des responsables de l'organisation PROSADA et de la famille Galvez qui nous héberge (30/41) nous donne déjà la mesure de la disponibilité de ces gens à travailler avec nous. La fanfare, les pétards, la danse avec les costumes traditionnels et le sourire épanoui de padre Roger nous démontrent que les liens de solidarité sont déjà établis et se renouent rapidement.




Dès les premières heures, les familles où nous vivons multiplient les attentions pour nous faciliter l'adaptation à cet environnement andin (2750 m). Elles ralentissent même leurs activités de tisserands (tapis surtout) pour assurer notre confort.











La famille Galvez



























Notre envie de s'engager dans le travail s'anime malgré la fatigue du voyage. On s'active d'ailleurs sur les chantiers dès le lendemain. Les équipes se relaient au pic et à la pelle creusant l'allée qui mènera à la porte d'entrée du centre communautaire de Santa Ana. D'autres équipes aplanissent la colline derrière le centre, préparant le futur jardin tout en réalisant qu'ensemble, on peut déplacer les montagnes! Pour se donner de la force et de la résistance, il y a bien sûr des pilules, des granules , des infusions ou des "mâchées" de coca sans oublier les histoires de Paul-Emile! Au chantier de Wari, un centre de santé en devenir, les travaux de plomberie et d'électricité s'engagent avec vigilance et ardeur. Les Québécois s'exercent à "tailler" la brique et le ciment pour tracer le réseau des tuyaux et des fils électriques qui alimenteront l'édifice. Le partage de compétences entre Québécois et Péruviens entraîne joie et satisfaction mutuelles et, pour ces derniers, une gratitude qu'ils nous expriment avec émotion et conviction.
















Chantier de Santa Ana




Chantier de Wari







































Ces deux semaines de travail avec les Péruviens nous ont permis d'apprivoiser un peu ces gens
foncièrement discrets mais jamais indifférents à nous connaître, à découvrir notre pays, nos
coutumes. On les a vus travailler avec sérieux et détermination, du plus jeune au plus âgé, de très tôt à très tard chaque jour. La température n'est pas toujours clémente (pluie, nuits froides), leurs habitations sont rudimentaires et l'électrification rurale n'est pas complétée.






Malgré cette vie rude dont ils ne se plaignent pas, ils peuvent rire et danser à la première occasion. Nous garderons en mémoire notre privilège d'avoir côtoyé ces gens fiers qui entretiennent des liens familiaux forts, qui chérissent leurs enfants. Et c'est la femme qui porte le chapeau!



























Les visites culturelles à Cuzco, dans la Vallée sacrée des Incas, à MachuPichu et au lac Titicaca nous ont permis d'aborder la riche histoire de ce pays et de découvrir la diversité de ses habitants, de leurs coutumes et de leurs costumes.





































Au long des kilomètres, notre vie communautaire de 41 "voluntarios" a permis le développement de riches amitiés, le soutien lors de "soroche" (mal de l'altitude) et bien sûr de multiples taquineries...


Miroir, miroir, dis-moi qui se fait avoir...


Notre vie s'est enrichie de ces découvertes grâce au travail de guides accompagnateurs compétents dont notre préféré Oscar. Les attentions délicates, constantes et empressées de Padre Roger nous font apprécier encore davantage notre privilège de vivre cette expérience avec lui et suscitent notre reconnaissance.


Par Colombe Boisvert
16 mars 2008



Sur la route du Pérou
(Air: Sur la route de Berthier)




1. Sur la route du Pérou
Il y avait des Québécois
Qui sont venus de partout
Pour vivre de nouveaux exploits
Qui travaillaient (2)
Qui voyageaient (2)
Et qui surtout créaient des liens
Avec tous les Péruviens, viens, viens, viens

Ah! Que la route est belle
Que la route est belle au Pérou!



2. Y a fallu monter très haut
Pour atteindre Ayacucho
Et commencer les travaux
Sans outils et sans marteaux
Tous plein d’idées (2)
Entremêlées (2)
Nous arrivons à fonctionner
Pour avancer le chantier, tier, tier, tier

Ah! Que la route est belle
Que la route est belle à Ayacucho!

3. Par avion, par train, à pied
Arrivons tout détrempés
Découvrant l’Machu Picchu
Son histoire et ses dessous
Avec Josef (2)
Et sa chanson (2)
Le beau soleil nous revoyons
Tous comblés nous repartons, tons, tons, tons

Ah! Que la route est belle
Que la route est belle à Cuzco!



4. De Cuzco jusqu’à Puno
Traversons l’Altiplano
Tout en bas nous apparaît
L’immense lac Titicaca
40 îles flottantes(2)
Peuplade bien vivante (2)
Jusqu’au sommet d’Amantani
L’altitude nous défie, fie, fie, fie

Ah! que la route est belle
Que la route est belle à Puno!

5. Sur la route du Pérou
Il y avait des Québécois
Voyageant avec Oscar
Notre fameux guide en or
Qui nous faisait (2)
Le vrai portrait (2)
De son pays et ses attraits
Son accueil nous épatait, tait, tait, tait

Ah! Que la route est belle
Que la route est belle au Pérou!

Chanson composée par Odile Poulin, Suzanne Poulin, Solange Poulin

vendredi 28 mars 2008

Pérou-Bolivie-Paraguay -2- Brésil


Que de mots pour décrire l’expérience au Brésil! Encore des moments inoubliables! On commence par les chutes d’Yguazu… Une beauté inouïe et une puissance indescriptible, autant du côté argentin que du côté brésilien. Nous sommes reçus à l’aéroport de Rio par Rose Alice, une femme si petite mais tellement grande à la fois… Elle nous amène au couvent d’où nous avons une vue exceptionnelle de l’ensemble de Rio de Janeiro. L’énergie de l’endroit est très paisible et les repas sont excellents. Nous avons été visiter le Pain de Sucre; nous avons pris le téléphérique pour nous y rendre. À la deuxième escale, nous étions dans les nuages d’où nous pouvions ressentir la fraîcheur du ciel et contempler la vue encore magnifique.























Nous avons la chance d’être au bon endroit au bon moment: la finale du Carnaval de Rio. Les 6 meilleures écoles de samba ont défilé sous nos yeux toute la nuit. Un spectacle tout en couleurs que personne ne pourra oublier. À vivre au moins une fois dans sa vie. Il y a aussi la visite du Corcovado (Christ de Rio).


Vive le tansport en commun pour se rendre au train qui nous monte jusqu’au sommet. La grandeur de la statue est étonnante. Un beau lieu pour se recueillir et aussi pour la prière.







Pour terminer notre séjour, la plage de Copacabana. Du sable blanc, de l’eau turquoise et du soleil à volonté…







Merci pour tous ces moments dans nos coeurs à tout jamais.

Michelle Cayouette

PBP 2 au Paraguay

On nous attendait à l’aéroport, l’ambiance était à la fête puisqu’un groupe d’amis de Rogelio y était. On dirait une gang de vieux chums qui aime se retrouver, fraterniser et se rappeler le bon vieux temps. Il y avait de la joie dans l’air. On a eu droit à des embrassades, des chants et bien entendu au classique « Alouette, gentille alouette ». Une réception a suivi à la grande maison d’Itacurubi et nous avons eu droit à un avant-goût de la gastronomie locale. Lors de notre séjour nous avons eu plusieurs soirées de concert : chant, harpe, guitare et même une sérénade en début de la nuit. Bien entendu, le Padre animait la fête. D’ailleurs, il profita de ce moment pour pousser ses plus hautes notes et ainsi réveiller une partie du groupe.

Au Paraguay les gens parlent l’espagnol et le guarani, une langue qu’eux mêmes disent difficile à apprendre. Bref, les gens sont amicaux, ouverts et très sympathiques. Au travail, ils se parlent dans leur langue et rient beaucoup. Nous avons eu du plaisir à travailler avec eux tout le long de notre séjour. Certains, dont moi, s’amusaient à répéter des mots en guarani sans savoir ce que cela voulait dire. Ici un petit lexique guarani/français permettrait de faciliter la communication. Le groupe travaillait à l’amélioration des infrastructures de différentes écoles situées dans la compagne environnante. Il s’agissait principalement de travaux de plomberie pour construire ou réparer des salles de bains, d’érection de murs ou de clôtures pour encadrer l’école, de mise à niveau de l’électricité et de peinture. Malgré nos efforts, les travaux ne sont pas terminés sur tous les chantiers.

Le pays est plutôt plat et les routes secondaires sont en terre battue. Lors des pluies, elles changent d’aspect, deviennent glissantes et sont difficilement praticables. D’autres plus importantes sont construites en pierres collées les unes sur les autres. Cela fait un vacarme terrible lorsque l’on roule, surtout avec un véhicule en plus ou moins bonne condition.




















Lors d’une visite à Asunción, nous avons rencontré la directrice d’un centre de formation pour les infirmières rattaché à l’Université catholique et dirigé par une femme extraordinaire et persévérante, Micheline Genest, originaire du Québec. Nous avons également visité les Sœurs de la Charité de Québec qui œuvrent au Paraguay depuis plusieurs années.

Nous fûmes reçus par une famille aisée de la région et nous y avons mangé un asado (viandes de toutes sortes grillées sur un feu de bois) et à cette occasion nous avons visité l’usine d’extraction de la canne à sucre appartenant à la famille.



















Nos Québécoises ont assuré notre bouffe, aidées par l’ancienne servante du Padre. Un gros merci à celles-ci pour avoir fourni l’essence du bénévole heureux.

Nous avons aimé les gens d’Itacurubi et nous avons vécu une expérience humaine enrichissante. Dommage que l’on ne puisse y retourner.
Michel Lévesque

Pérou-Bolivie-Paraguay -2-

Nouvelles du PBP-2 en Bolivie

Comme participant du PBP-2, j'aimerais tenter d'exprimer les sentiments qui m'animent de même que les sentiments de ceux qui vivent avec moi cette extraordinaire expérience humaine. Je voudrais d'abord souligner le fait que, dès le début de ce voyage, chaque membre de notre groupe s'est senti responsable de sa réussite en s'impliquant à fond, l'un s'inquiétant du bien-être de l'autre. Cette implication a fait en sorte que des liens se sont créés, des amitiés se sont développées, et tout cela réuni a contribué à sceller l'unité du groupe, lui permettant de mener à bien le projet de venir en aide aux plus démunis, particulièrement ceux du Pérou, de la Bolivie et du Paraguay. Je pense que chacun d'entre nous, à sa manière, tente de mettre en pratique ce que Roger nous dit souvent, à savoir que ''l'important, c'est d'abord d'aimer''.

Nous sommes présentement à Vallegrande et que vous dire sinon que les besoins et le travail ne manquent pas. Que ce soit à la ferme, à l'orphelinat ou encore à la cuisine, chacun se fait un point d'honneur d'apporter sa contribution Et ce n'est pas toujours facile. En bons Québécois qui se respectent, nous sommes confrontés au choc culturel, c'est-à-dire à la facon de vivre de ceux que nous voulons aider. Nous aimerions que les choses soient planifiées, réalisées et finalisées dans les délais prévus. Ce qui est rarement le cas. Il faut apprendre à vivre avec les contraintes que sont le manque d'outils, les matériaux qui tardent à arriver, ceux qui arrivent et qui ne correspondent pas à ceux qu'on a commandés. Que d'ingéniosité il faut souvent faire preuve pour mener à bien une tâche! Chez-nous, c'est si facile; lorsqu'il nous manque quelque chose, on s'empresse de se le procurer. Ce n'est pas le cas en Amérique du Sud, même si on veut le faire. Surtout pas à Vallegrande où les commerçants semblent s'être donné le mot pour être en rupture de stock. Mais aussi, souvent, les gens ici ne peuvent se payer ce dont ils ont besoin, alors ils utilisent des moyens à leur portée pour faire leur travail, moyens qu'on a envie de trouver peu opportuns. C'est quelque chose qu'on a souvent de la difficulté à accepter. Pour eux, le temps n'a pas la même valeur que nous lui accordons. Pour nous, c'est synonyme d'argent, pas pour eux. À preuve, dimanche dernier, certains d'entre nous sont allés à La Higuera, là où le Che est mort. Le tarif était fixe. Les chauffeurs ont attendu le temps qu'on fasse notre visite. Nous aurions pu prendre une ou deux heures de plus que le tarif aurait été le même. Essayez d'en faire autant au Québec!

Je disais plus plus haut que le travail ne manquait pas à Vallegrande et vous pouvez en juger par vous-mêmes:

À la ferme, à quelques minutes de la ville:

des échaffauds à construire, un escalier à faire pour le silo, un abreuvoir à vache à rendre fonctionnel, des champs de fraises à nettoyer.

À l'orphelinat:

- une nouvelle cuisine à construire

- des lits à réparer

- de la pierre et du sable à charroyer

- des housses de matelas et des draps à coudre

- 5 petites chambres de bain à décaper et à poser de la céramique















La liste n'est pas exhaustive et il y aura encore du travail pour le PBP-3, soyez sans crainte.


Il y a aussi le volet culturel de notre voyage qui ne manque pas d'être intéressant en même temps que très enrichissant. Un moment magique de ce volet fut sans doute ce fameux matin du Nouvel An 2008 alors qu'à 6h30 du matin, on se lançait à l'assaut du Machu Picchu sous un ciel sans nuage. Que d'émotions ressenties en voyant le soleil se lever sur ces ruines qui témoignent du passé fécond des Incas!


Que retiendrons-nous de cette expérience?
À chacun de le dire mais je crois bien que les choses ne seront jamais plus tout-à-fait les mêmes. La prise de conscience profonde de la chance que nous avons de vivre dans un pays tel que le nôtre découle naturellement de cette expérience de solidarité. Nous serons sûrement un peu plus sensibilisés aux problèmes que vivent les populations du tiers-monde.

Peut-être aussi serons-nous plus enclins à développer une simplicité volontaire qui fera qu'on ne consommera que pour répondre à nos vrais besoins. Le fait qu'on ait parfaitement réussi à vivre pendant 3 jours sans nos valises en arrivant à Lima (elles étaient rendues au Chili) démontre bien que lorsque nos besoins primaires sont comblés, le reste devient beaucoup moins important. Mardi prochain, nous entamons la dernière étape de notre voyage qui nous amènera au Paraguay.

Merci à Roger de nous permettre de vivre cette merveilleuse expérience.

Louis Rochefort, 18 janvier 2008